L’industrie française de la gestion d’actifs pour le compte de tiers en 2013

Les investisseurs qu’ils soient institutionnels ou particuliers n’hésitent pas à déléguer la gestion de leur portefeuille d’actifs financiers, c’est ce que l’on nomme la gestion d’actifs pour compte de tiers.

En effet, C. Pardo et T. Valli mettent en avant dans leur étude qu’« environ un cinquième du patrimoine financier des ménages est composé d’OPCVM, détenus directement ou indirectement (notamment via l’assurance-vie, l’épargne salariale, les PEA…). Quant aux investisseurs institutionnels français, la gestion de leurs réserves est déléguée à hauteur de 70 % aux sociétés de gestion de portefeuille ».

Évolution gestion d'actifs en 2013

Une croissance rapide des encours collectés, qui se ralentit depuis 2008 :

Pour avoir une idée du fort développement de ce secteur d’activité, nous pouvons prendre les chiffres des rapports annuels de l’Autorité des Marchés Financiers pour l’année 2000 et l’année 2011. Ainsi, au 31 décembre 2000 il y avait 1439 milliards d’euros d’actifs nets sous gestion pour un total de 2503 milliards d’euros fin 2011, on constate donc une augmentation de 74%.

Au départ pourtant, la gestion collective pour compte de tiers a mis du temps à s’imposer. Cela peut s’expliquer selon Alain Choinel et Gérard Rouyer (Le marché financier : structures et acteurs) par l’état d’esprit individualiste des Français et leur goût pour les actifs tangibles (l’immobilier en premier lieu). De plus, la fiscalité n’encourageait pas à première vue ce type d’investissement et cela ne s’arrange pas avec les durcissements que la loi de finances 2013 a apporté.

Tableau évolution encours gérés par les sociétés de gestion

Même si les encours gérés ont fortement augmenté par rapport au début des années 2000, on constate depuis la crise financière de 2007 une inversion de la tendance. En effet, comme visible ci-dessus dans le tableau édité par l’AMF, on constate entre les années 2010 et 2011, une variation à la baisse de -5,1% des encours totaux en valeur nette. Le rapport annuel de l’AMF pour l’année 2012 n’ayant pas encore été édité, nous pouvons nous appuyer sur les données publiées par Europerformance. Le communiqué de presse indique que la décollecte totale sur l’ensemble des fonds a été de -11,4 milliards d’euros au 3ème trimestre 2012.

Outre la décollecte qu’on peut qualifier de « mécanique » et qui a toujours été présente (décès principalement), on assiste depuis 2008 à une décollecte due au contexte économique difficile. Pour compléter cette analyse de l’évolution des encours, intéressons-nous à a la publication de la Banque de France du 20 juin 2013.

Ce document met en évidence une nouvelle phase de décollecte observée au cours du mois d’Avril 2013 en ce qui concerne les OPCVM monétaires avec -6,9 milliards d’euros en données CVS et avec -3,5 milliards d’euros en données CVS pour les OPCVM non monétaires. Du fait de la variation des valeurs liquidatives, les encours ont donc variés respectivement de -3,3 milliards d’euros et de +7,3 milliards d’euros. Il faut néanmoins nuancer ce résultat en rappelant que le cumul de décollecte totale sur une année (d’Avril 2012 à Avril 2013) est 25,8 milliards d’euros pour les OPCVM non monétaires.

 

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